
Fauve avec des tons d'écarlate,
Une aurore de fin d'été
Tempétueusement éclate
A l'horizon ensanglanté.
La nuit rêveuse, bleue et bonne
Pâlit, scintille et fond dans l'air,
Et l'ouest dans l'ombre qui frissonne
Se teinte au bord de rose clair.
La plaine brille au loin et fume.
Un oblique rayon venu
Du soleil surgissant allume
Le fleuve comme un sabre nu.
Le bruit des choses réveillées
Se marie aux brouillards légers
Que les herbes et les feuillées
Ont subitement dégagés.
L'aspect vague du paysage
S'accentue et change à foison.
La silhouette d'un village
Paraît. - Parfois une maison
Illumine sa vitre et lance
Un grand éclair qui va chercher
L'ombre du bois plein de silence.
Çà et là se dresse un clocher.
Cependant, la lumière accrue
Frappe dans les sillons les socs
Et voici que claire, bourrue,
Despotique, la voix des coqs
Proclamant l'heure froide et grise
Du pain mangé sans faim, des yeux
Frottés que flagelle la bise
Et du grincement des moyeux,
Fait sortir des toits la fumée,
Aboyer les chiens en fureur,
Et par la pente accoutumée,
Descendre le lourd laboureur,
Tandis qu'un choeur de cloches dures
Dans le grandissement du jour
Monte, aubade franche d'injures,
A l'adresse du Dieu d'amour !
Paul Verlaine ((1844-1896)
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Date de dernière mise à jour : 12/12/2011

1. Par PROUT le 17/05/2012
ON AIMERAIT BIEN SAVOIR QUAND MEME QUI EST L'AUTEUR DE CE PU**** DE TABLEAU!
2. Par Matthew le 12/05/2012
I generally agree with your points http://www.relojesreplicas.es/replicas-hublot-cb108.html (reloj hublot) ...
3. Par :P x) xd mdr le 07/05/2012
saluit
4. Par Maurice Careme le 07/05/2012
JAIME BEACOUP CE POEME!!!! :d
















