J.M de Hérédia - Soleil Couchant - José Maria de Hérédia

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Les ajoncs éclatants, parure de granit,
Dorent l'âpre sommet que le couchant allume ;
Au loin, brillante encor par sa barre d'écume,
La mer sans fin commence où la terre finit.

 

A mes pieds c'est la nuit, le silence. Le nid
Se tait, l'homme est rentré sous le chaume qui fume.
Seul, l'Angélus du soir ébranlé dans la brume,
A la vaste rumeur de l'Océan s'unit.

 

Alors comme du fond d'un abîme, des traînes,
Des landes, des ravins, montent des voix lointaine
De pâtres attardés ramenant le bétail.

L'horizon tout entier s'enveloppe dans l'ombre,
Et le soleil mourant, sur un ciel riche et sombre
Ferme les branches d'or de son rouge éventail.

 

José Maria de Hérédia
(1842-1905)

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Date de dernière mise à jour : 04/02/2012