En Attendant Noël

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En attendant Noël

 de Martine Binet , Rilhac-Rançon le 22 novembre 2007

http://www.linternaute.com/livre/temoignage/temoignage/79644/en-attendant-noel/    

 

 

En attendant Noël

Dans un joli coin de Limousin (Gayac-sur-Mazelle),

Aussi beau qu’un petit village de Franche-Comté,

Le pays de Féline et de Petit Chaton Gris

Cinq enfants, deux poissons rouges, une chatte surdouée et un chien pas aigri

Deux parents de type ni banal, ni particulièrement original,

Mais tout simplement très parental,

S’apprêtent à fêter Noël, Fête, de toutes les fêtes, fête éternelle.

En attendant Noël…

 

En attendant Noël, donc, à Gayac-sur-Mazelle, en plein cœur du Limousin, lui-même en plein cœur de la France, vivaient les Tenib, famille sans attaches, ni racines particulières.

Papa est né dans une banlieue chic, Maman dans un quartier de parisiens "argotiquants".

Quant aux enfants, ils sont nés au hasard des étapes de leur tour de France familial.

D’abord, Etiennette, l’aînée, longue et souple gazelle tout en jambes, du haut de ses 10 ans, régente la fratrie d’une main, ou plutôt d’une voix ferme et tonitruante. Du matin au soir, dès qu’elle est éveillée, on peut l’entendre s’époumoner sur ses cadets, toujours prêts à "bêtiser" en cadence et harmonie.

Ensuite, arrive le second aîné, si l’on peut dire, dans la mesure où il est arrivé en seconde position. Silencieux et discret, planant au-dessus des réalités du quotidien, il a les yeux grands ouverts sur le monde. Sylvain est toujours entouré d’un parfum de mystère qui le rend plein de charme et d’attrait auprès de sa cadette d’un an, la malicieuse, ensorceleuse et séductrice, j’ai nommé Lola.

Sa place centrale la rend pratiquement invulnérable : ni trop grande pour être responsable, ni trop petite pour ne posséder aucun privilège. L’apanage du nombre des années ! Bref, une place de choix pour elle qu’elle savoure et déguste avec appétit et plaisir.

Après cette jolie "châtaigne", potelée juste ce qu’il faut, pas limousine du tout, précédée par son aîné qui aurait pu être un enfant du Nord et de son aînée qui, elle, l’aurait été du Sud, les parents ont continué a joué au petit Poucet pour trouver le chemin de la famille nombreuse.

Ainsi, sont arrivées, bénies des Dieux, deux adorables brunettes, "bouclinettes" aux yeux couleur de noisette et colorées comme deux petits caramels, restés un peu trop longtemps au four. Nos deux fillettes Pom (Poméranie) et Pam (Paméla), partageant à elles deux l’âge de leur aînée. Elles sévissent à longueur de journées et découvrent chaque jour les sentiers tortueux des pires bêtises. Heureusement, elles le font dans la joie et la bonne humeur. Finalement, elles sont le sel de la famille, la juste dose de piment qui rend la vie si savoureuse et dépourvue d’ennui.

Avec tout ce petit monde humain, vit la gente animale. Joyeux, le plus beau des corniauds fauves, est doux comme un agneau et gai comme un pinson. Chaque matin, il sort en ouvrant la fenêtre de la cuisine et va faire son petit tour de territoire. Aussi discrètement qu’il est sorti, il rentre de la même façon, et tout frais de rosée, vient se recoucher sur les pantoufles de son maître vénéré qui démarre ainsi sa journée les pieds au frais. Le chien sur les talons, il pénètre dans la cuisine glacée et prépare le petit déjeuner de toute la maisonnée. Joyeux sait faire des tas d’autres choses, comme regarder les dessins animés et aboyer dès qu’il voit sur l’écran un des ses congénères, chanter en mesure sur le rythme d’Henri Dès, son chanteur préféré, faire la pâte à crêpes avec sa maîtresse, de préférence quand elle a le dos tourné.

Avec Joyeux, vit Cortex, la chatte Surdouée. Elle est toute grise, d’un beau gris souris, avec deux yeux verts toujours pétillants. Elle n’a jamais eu de petits, mais semble le regretter et, pour compenser, elle installe régulièrement les peluches préférées des deux jumelles dans son panier. Elle leur fait une soigneuse et longue toilette et se colle à elles dès qu’elle a décidé de s’endormir. Puis, une fois réveillée, elle les ramène dans les lits des petites en les transportant comme des chatons. Le plus cocasse est qu’il s’agit de deux peluches représentant Jerry et Mitsou, les souris du célèbre dessin animé. Il faut dire que Cortex est intellectuellement précoce, et comme telle, a un très grand sens de l’humour et un affectif très développé.

A la chatte et au chien, s’ajoutent deux poissons rouges Astérix et Obélix, l’un tout malin accourt à coups de nageoires pour recevoir ses petites paillettes gourmandes, pendant que l’autre (celui qui est juste un peu enveloppé -mais absolument pas gros) s’agite comme un fou en se jetant sur les parois de l’aquarium. C’est simple, on a été obligé de lui mettre quelques granules homéopathiques pour calmer ses ardeurs.

Enfin, et la famille sera complète, Papa et Maman !

Elle, depuis qu’elle a commencé son dur métier de Maman, n’a cessé de poursuivre sa formation "sur le tas", certains diraient qu’elle est tout simplement mère au foyer. Elle organise, entretient, surveille, câline, réconforte, hurle, se plaint, se réjouit, en somme elle essaie d’être à la hauteur des évènements. Quand elle a des temps "creux", chose relativement rare, elle rêve en errant dans son jardin, touchant, humant, écoutant, dégustant, regardant. Parvenue à la fin de sa rêverie, elle se met à son ordinateur, et alors ses doigts semblent voler sur le clavier où les touches tintinnabulent en harmonie. De tout cela, surgissent de drôles d’histoires pour les enfants qui s’en délectent le soir, au coucher du soleil.

Papa, lui, bien évidemment rapporte non plus le pain quotidien, mais son stock d’euros afin de le gagner le pain quotidien ! Comme elle finalement, il organise, entretient, surveille, encourage, stimule, se plaint, se réjouit et en somme, essaie lui aussi d’être à la hauteur des évènements, comme dans tous les métiers. Des temps creux, lui aussi en a peu et durant ces temps-là, il s’invente avec ses crayons et bâtons de craies des images un peu folles, si belles que certains disent qu’elles sont comme vraies. Deux parents, deux bons parents, mais pas trop raisonnables, un peu fous, un peu artistes.

1 : Il était Noël :  

 

Il est plus de 17 heures en cette veille de Noël, et la nuit ne va plus tarder à s’installer. Pam et Pom viennent tout juste d’allumer le grand sapin qui trône dans le salon. Chaque année, il trouve sa place et oblige toute la famille à déménager la pièce afin que Monsieur Sapin puisse être admiré sous tous les angles. Cette année chacun s’accorde à dire qu’il est encore plus beau que l’an passé.

Maman opère les dernières touches de décoration, une petite étoile à cette fenêtre, encore une branche de houx par ci, une terrine parfumée de jacinthes par là, pour ne pas oublier que dès Noël, la nature revit et que le printemps n’est pas si loin.

Papa est aux fourneaux depuis le matin, d’abord il a confectionné la traditionnelle bûche et s’est ensuite consacré à une énorme dodue qui finira au four entourée de marrons et gavée de bonne farce "spéciale Papa".

Sylvain, avec Lola qui ne le quittent pas dès qu’il s’agit de pouvoir grapiller quelques miettes de friandises, roule les petites boules de chocolat dans le cacao en poudre et joue au modelage avec la pâte d’amande aux joyeuses couleurs.

Le chien reste près d’eux en espérant une maladresse de leur part.

Cortex, elle, a pris les devants et s’est déjà servie de bonne farce à la Papa, dès que celui-ci avait le dos tourné.

Et Etiennette, que fait-elle donc ? Enfermée dans sa chambre, elle prépare pour chacun une surprise, peut-être un concert, ou une chorégraphie à sa façon ? Quelquefois elle embauche à tour de rôle l’un ou l’autre et Papa et Maman font semblant de ne se rendre compte de rien.

Tout semblait se dérouler normalement.

Un Noël comme les autres..

2 : Que se passe-t-il ? :

 

Tout le monde est ainsi bien occupé, à quelques heures de l’arrivée du Père Noël. Tout paraît calme, reposé. Entendez-vous le vent se lever ?

Oui, le vent se lève, mais personne ne semble s’en apercevoir, il est vrai que les chants de Noël inondent le salon illuminé. Pam et Pom chantent en chœur "Vive le Vent" et Joyeux, le mélomane, les accompagne en rythme.

Cortex s’est endormie, gavée du produit de ses rapines.

Maman, un peu lasse après s’être agitée dans toutes les pièces en montant et descendant les escaliers, fait une pause sur le tapis, devant la cheminée. Détendue, elle écoute ses filles. Sylvain livre un dur combat avec Lola qui ne cesse de le harceler en réclamant les petits bouts qui tombent de ses doigts.

Papa, toujours affairé, est en pleine activité "dindesque".

Et Etiennette ? La voilà qui arrive en trombe, excitée en criant : "Venez vite, la neige, vite venez voir !".

Chacun court à une fenêtre, les volets n’ont pas encore été fermés.

Et, oh !! miracle , ils découvrent sur fond nuit une myriade de flocons. Ils sont énormes et déjà le jardin est recouvert d’un immense tapis blanc.

Toute la famille est ravie. Cela fait des années qu’ils en rêvent.

Papa et Maman, chaque année leur racontent des histoires de Noël blanc et chaque année, ce sont des Noël gris, avec parfois de la pluie, parfois un timide petit rayon de soleil, mais jamais de neige.

Cette année enfin, elle est au rendez-vous, bien réelle, bien épaisse, bien neigeuse. Chacun fait des projets pharaoniques : un bonhomme de neige géant pour Sylvain, des parties de luge pour Pom et Pam, un igloo pour Etiennette et Lola. Quant à Papa, il réfléchit  : où a-t-il bien pu ranger sa pelle à neige. Maman, elle, est déjà juchée sur un tabouret devant la grande armoire, à chercher bonnets, gants et salopettes de ski. La chatte n’a pas daigné bouger, et le chien aboie, tout excité, histoire d’être à l’unisson. Tout le monde a oublié Noël.

Et le vent continuait à souffler, la neige à tomber.

Et le temps court, et bientôt tout le monde va se faire beau et belle, puis s’installer autour de la belle table que Maman et Etiennette ont superbement décorée. Pam et Pom renversent la carafe d’eau, ce qui entraîne le dérapage non contrôlé de Joyeux qui atterrit dans les jambes de Papa au moment où il enfourne la dinde. Papa jure, et heureusement rattrape la dinde au dernier moment. Cortex est très déçue. Elle qui dort toujours d’un œil s’était réveillée et déjà avait élaboré un plan de retraite avec une cuisse qu’elle aurait dérobée à la volée. Joyeux, tout penaud, reste sans bouger à regarder son maître, espérant un signe d’absolution

Et le temps coulait, et la famille dînait, se régalait, riait. Et le vent soufflait toujours, et la neige tombait.

3 : Noël approche :

 

Il est maintenant 21 heures, Pam et Pom commencent à bâiller, Lola dit qu’elle est en pleine forme, Sylvain pense qu’il va peut-être falloir installer les chaussures sous le sapin. Etiennette, d’un air de conspiratrice dit qu’il y a d’abord une petite formalité à accomplir avant et regarde ses sœurs et son frère d’un air entendu. Papa et Maman ont compris et très disciplinés vont s’installer dans le grand fauteuil où ils tiennent tous les deux bien serrés comme deux amoureux. Attendris, pendant un instant, les enfants regardent leurs parents, puis vite, se lancent dans de rapides préparatifs.

Et le spectacle peut commencer.

 Etiennette, véritable Monsieur Loyal, annonce le programme des festivités. On débutera par un enchaînement de roulades avec Pam et Pom qui sont inscrites depuis la rentrée à un atelier de cirque. Ensuite Lola et Etiennette danseront sur la dernière chanson en vogue. Sylvain, lui, donnera la réplique à Etiennette et Lola dans une improvisation qu’il a écrite lui-même, c'est un conte de Noël. Pam a prévu un numéro avec Joyeux, il s’agit de le faire aboyer en mesure sur une chanson d’Henri Dès. Pom, avec Cortex a mis au point une scène de bagarre avec la chatte qui, déchaînée, miaule, feule comme une vraie tigresse pendant que Pom fait semblant de vouloir la maîtriser par une prise de judo, comme elle l’a vu faire à la télévision dans un numéro de cascade d’animaux. Cortex est surprenante de réalité et Pom semble très concentrée. Pour finir, les cinq enfants chantent la traditionnelle version de "Petit Papa Noël". Il est un peu plus de 22 heures et toute la famille décide qu’il est temps de céder la place au Père Noël. Tout le monde se lève et c’est à ce moment que toutes le lumières s’éteignent. "Oh !" s’exclament-ils tous en chœur.

 Et dehors, le vent soufflait et la neige tombait.

 

4 : Noël :

 

C’est la nuit. Heureusement, Papa n’a pas éteint l’ensemble des bougies dispersées dans la grande pièce. Et le feu diffuse une douce lueur.

Après la surprise, c’est la joie de se retrouver dans cette ambiance d’autrefois, en plein hiver, hiver de neige et de froid, mais bien au chaud près de la cheminée. Les enfants ne veulent plus aller se coucher. Pam et Pom vont attendre l’arrivée du Père Noël qui doit être bien perdu dans Gayac-sur-Mazelle, petit village plongé dans le noir.

Papa a beau expliquer qu’avec la pluie magique d’étoiles qui auréole son traîneau, ni ses rennes, ni lui ne peuvent s’égarer, les fillettes entêtées dressent leur campement devant la cheminée.

Elles apportent leurs couettes élimées, leurs doudous tout doux et leurs sacs à dodo débordant de leurs peluches préférées. Voyant ces grandes manœuvres, Cortex inquiète et récupère Jerry et Mitsou qu’elle installe dans son panier de salon, puis rassurée, s’endort. Joyeux, ravi de cette aubaine, se pelotonne dans les couettes, ce qui lui est habituellement interdit, et lui aussi s’endort.

Sylvain un peu inquiet de tout ce noir décide que lui aussi restera à veiller.

Etiennette, quant à elle, jette son dévolu sur le grand fauteuil de ses parents, après avoir rapporté son oreiller douillet, sa couette, son ours élimé, ses six chatons en peluche et sa première poupée.

Lola, elle, décide qu’elle s’installera près du campement des jumelles pour les surveiller, et pas très loin de Sylvain pour se rassurer.

Quant à Papa et Maman, ils sont muets de stupeur et se demandent où ils vont dormir. Papa machinalement se tourne vers la fenêtre et est surpris de découvrir que tout est bien blanc et que la neige tombe toujours.

Avec sa torche électrique, chaudement emmitouflé, il sort pour constater l’état d’enneigement. De retour dans la maison, tout le monde pousse un petit cri de surprise en le voyant tout blanc : un vrai Papa de neige. Il semble malgré tout un peu inquiet et Maman tout de suite le questionne. Hésitant, il finit par répondre :

- -"Je crois bien que l’on va être un peu bloqué par la neige, sans chasse-neige, on ne peut sortir en voiture. Et puis, toutes les maisons sont elles aussi dans le noir, les réverbères ne fonctionnent plus"

Maman prend le téléphone, pour savoir comment les voisins s’organisent. Les Bitchou eux aussi vont dormir au pied de leur sapin, devant leur cheminée puisque sans courant le chauffage ne fonctionne plus. Les deux autres maisons sont vides car ils sont partis fêter Noël dans leur famille, avec leurs petits-enfants.

Il ne reste plus que mademoiselle Hermine qui elle, comme Maman vient de l’apprendre, est seule comme chaque année depuis la mort de sa sœur jumelle, il y a cinq ans. Agé de 70 ans, elle vit discrètement. , semblant éviter les rencontres, elle est mystérieuse et sauvage. Certains enfants du village, un peu méchants, l’appellent la sorcière. Il est vrai qu’elle ne fait rien pour attirer la sympathie.

Sans réfléchir, Maman dit à Papa de bien s’équiper et d’aller chercher mademoiselle Hermine. Il n’est pas question qu’une personne de cet âge, se retrouve seule, en ce soir de Noël et dans cette tempête de neige, sans chauffage, ni lumière.

Ce n’est pas une expédition facile, même si la maison de la vieille dame n’est pas très loin.Papa a retrouvé sa pelle à neige relativement rapidement. Aidé par Maman, Sylvain et Etiennette, ils peuvent faire un petit chemin en coupant par les jardins.

C’est ainsi qu’arrive mademoiselle Hermine, enveloppée d’un châle poudré de neige et tenant, serré dans ses bras, un adorable chaton qu’elle a découvert ce matin, abandonné sur la route. C’était une petite chatte grise qu’elle a nommée Cosette.

5 : Une drôle de veillée de Noël :

 

Le vent continuait à souffler et il neigeait toujours. Mademoiselle Hermine entre, toute intimidée dans le salon où de des tas de paires d’yeux la fixent d’un air étonnée.

- -"Bonsoir les enfants, désolée de vous déranger", dit-elle d’une jolie voix, bien assurée. »

Les enfants, comme tous les enfants s’adaptent bien vite et considèrent comme normale l’arrivée de cette vieille dame. Toute la famille, lui demande si elle a dîné, si elle n’a pas froid, si elle aime le chocolat et si elle a commandé beaucoup de cadeaux à Noël.

Naturellement, elle leur répond à chacun avec un beau sourire qui, d’un seul coup, la rajeunit comme par magie.

Non, elle n’a presque pas dîné, car toute seule elle n’a pas d’appétit.  

Non, elle n’a plus froid depuis qu’elle est arrivée dans cette chaude maison.

Oui, elle aime le chocolat mais seulement celui qu’on lui offre avec sincérité.

Non, elle n’a rien commandé à Noël, mais elle a reçu ce matin, comme un cadeau, cet adorable chaton.

Tout le monde avait oublié son arrivée. Et tous se penchent sur la petite boule grise qui relève la tête en poussant un petit miaulement à peine perceptible.

C’est à ce moment, que Cortex bondit et saute sur les genoux de la voisine, emportant, devant toute la famille stupéfaite, Cosette.

Maman, inquiète pousse un petit cri, Papa la rassure et la retient dans son élan. Tous les yeux se tournent vers le panier de Cortex, où le petit chat a atterri sans ménagement. Cortex, l’observe avec une drôle de lueur dans ses beaux yeux verts, puis consciencieusement lui fait une toilette en règle comme le font toutes les mamans chattes.

Soulagés et émus, tous reviennent à mademoiselle Hermine qui est restée très détendue et sereine pendant cet incident. :

- -"C’est normal, les animaux savent toujours ce qu’il faut faire, votre chatte a compris ce dont avait besoin : de mon chaton et lui, simplement d’une maman."

Etiennette, qui a adopté tout de suite cette nouvelle amie juste un peu plus âgée qu’elle, s’inquiète : - "Et vous, alors ? Cortex vous a volé votre cadeau de Noël."

-"C’est encore un plus beau cadeau, si ma petite Cosette a trouvé une maman. De toute façon, les chats sont libres et cela ne l’empêchera pas de venir dans mon jardin me rendre visite."

-"Oh oui, c’est ça, vous viendrez nous voir souvent pour que Cosette ne vous oublie pas", réplique Etiennette.

Tout le monde est donc enchanté par cet arrangement. Pendant ce temps, Maman a ressorti les beaux restes du réveillon et quelques minutes avant minuit, avec leur nouvelle invitée les Tenib réveillonnent pour la seconde fois, aux chandelles et devant la cheminée, sous forme d’un grand pique-nique. Mademoiselle Hermine fait honneur à tout ce qu’on lui présente. On a l’impression que cela fait des années qu’elle n’a pas mangé. Elle accepte même un verre de Bordeaux et une coupe de champagne. Tout le monde rit, tout le monde est heureux.

 

Mais il est temps de dormir et chacun s’installe. Mademoiselle Hermine commence à chanter pour les enfants des chants de Noël qu’elle chantait quand elle était petite fille avec sa sœur. Elle semble si heureuse, c’est un peu magique la voir si gaie et entraînante. Elle termine sa chanson et finit par unconte de Noël qui très vite fascine les quatre petits. A ses pieds, les jumelles roulées dans leur couette, Lola et Sylvain blottis l’un contre l’autre dans le grand fauteuil qu’Etiennette a quitté pour venir se nicher comme Cosette près de la vieille demoiselle ravie. Papa et Maman sont restés sur le tapis, tous les deux enlacés. Il va être minuit dans quelques minutes, et le Père Noël risque d’être surpris quand il va découvrir ce qu’il y a au pied du sapin. !!

Et le vent soufflait et la neige tombait.

6 : C’est Noël, aujourd’hui !

Les volets n’ont même pas été fermés et c’est un rayon de soleil qui a fini par réveiller toute la maisonnée. Les bougies se sont éteintes, le feu consumme juste encore quelques braises, et chacun se retrouve curieusement à la même place qu’hier soir. Ils sont maintenant tous réveillés et étonnés, ils se regardent et découvrent mademoiselle Hermine qui dort encore. Etiennette s’inquiète :

--"Elle n’est pas morte, dis Maman ?"

Maman s’apprête à répondre quand une douce voix se fait entendre :

-"Bien sûr que non, je suis en pleine forme même, je n’ai jamais aussi bien dormi, depuis des années, et j’ai passé avec vous le plus beau Noël de ma vie, merci".

"Maman, Papa, le Père Noël ne s’est pas perdu, regardez !", hurlent Pam et Pom. En effet, comme chaque année, le pied du sapin regorge de paquets de toutes formes, de toutes couleurs.

"Alors, A l’attaque !", claironne Papa "et Joyeux Noël à tous !"

Chacun s’active à la découverte de ses paquets, on entend des "Ah !" et des "Oh !" avec de petits cris joyeux.

Mademoiselle Hermine se lève timidement et dit qu’elle va retourner chez elle car l’électricité est rétablie et le chasse-neige vient de passer au bout de l’allée. Tous en chœur crie : "Non !"

C’est ainsi que pour ce jour de Noël, une personne de plus était là, pour essayer tous les jouets et jeux et grignoter les petits sandwiches, menu traditionnel de Noël chez les Tenib. Et la vieille demoiselle a même reçu une belle boîte de chocolat et un joli foulard aux couleurs vives, pour que plus jamais, certains enfants la prennent pour une sorcière. Cortex et Cosette ronronnent de plaisir dans leur panier, Joyeux s’est couché aux pieds de mademoiselle Hermine. Elle n’ose plus bouger de peur de déranger le chien. Les poissons tournent en rond en attendant leurs paillettes. Hier soir, il faut dire qu’ils ont été un peu négligés, pour eux c’était un Noël de jeûne. De toute façon, le jeûne, c’est bon pour les poissons, comme chacun sait.

Tard dans la nuit Papa a raccompagné leur voisine, qui est maintenant une nouvelle amie. Ils ont décidé que le petit chemin qui coupait à travers les jardins deviendrait leur chemin secret, ainsi les enfants pourront rejoindre la vieille dame sans avoir à utiliser la route.

Papa allait installer aussi un petit portillon. Rentrée chez elle, mademoiselle Hermine admire l’énorme bonhomme de neige, le bizarre igloo et aperçoit aussi la luge laissée en plein milieu de l’allée. Elle sourit de son sourire si mystérieux qui la rend encore si jeune. Et le Père Noël, comment a-t-il réussi l’exploit d’assurer sa tournée dans cette maison si encombrée ? Comment tous, se sont-ils endormis comme par magie ? Mademoiselle Hermine sourit encore, comme satisfaite d’un bon tour qu’elle aurait joué. Mais après tout c’est Noël !

                                                                       Foi à ceux qui y croient.

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Date de dernière mise à jour : 04/12/2011