Le Père Noël en prison - la Voiture, le Camion

 

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Le Père  Noël en prison

Chapître Trois : La Voiture

 

Le  vingt quatre  décembre, à huit heures du matin, le concessionnaire de la succursale “Les belles voitures” ouvrit la porte à un vieux Monsieur qui portait une superbe barbe blanche. Il avait des petits yeux ronds qui ressemblaient à deux billes enfoncées dans son visage, sa peau était burinée comme celle des esquimaux que l’on voit dans les reportages télévisés. Et sa mine sympathique remplit de joie le vendeur qui flairait la bonne affaire.
- Bonjour Monsieur, vous avez une barbe magnifique.
     Monsieur Filou savait parler au client, un compliment par ci, une flatterie par là mettait toujours un climat favorable pour une vente rapide.
- Mais peut-être désirez vous vous asseoir ? Un café ? Asseyez-vous. Gisèle ! Apportez un café pour Monsieur !! Allons, dépêchons ! Monsieur n’a pas que ça à faire...
     Un client que l’on traite comme un roi est capable, dans l’euphorie, d’acheter n’importe quoi. Monsieur Filou connaissait toutes les ficelles du métier.

Le Père Noël n’avait pas encore réussi à placer un mot qu’il était déjà submergé de prospectus multicolores. Monsieur Filou continuait:
-....Vous désirez Monsieur ?....
- Je voudrais que vous me donniez l’heure ?
     Monsieur Filou s’affaissa sur son fauteuil de cuir, sa mine devint cramoisie. Dans un spasme retenu, il bougonna:
- Il est huit  heures trente.
     Il allait jeter ce client indécis, et sans doute insolvable, vers un apprenti vendeur quand le Père Noël ajouta :
- J’aurais besoin de six rennes pour tirer un traîneau.

     Monsieur Filou se redressa et avec sourire publicitaire et rectifia :
- Vous voulez dire que vous désirez une voiture de six chevaux.
- Ah ! c’est comme ça qu’il faut dire. Oui, je dois livrer cette nuit des milliers de jouets et je voudrais être sûr qu’il n’y aura pas de problème.

  • Mais bien entendu, nous garantissons nos véhicules six mois ou cinq cents kilomètres. N’ayez aucune crainte. Chez Filou, les pannes sont en pannes. Ah, ah, ah, ah, amusant non ? Les pannes sont en panne, donc pas de panne, vous comprenez ?
         Décidément ces terriens sont bizarres pensa le Père Noël.

    - Justement, reprit Monsieur Filou, vous avez de la chance, j’ai ce qu’il vous faut. Mais à la réflexion. Non. Franchement pour votre travail, une voiture ce n’est pas assez grand. Vous êtes dans la livraison il me semble ? Ce qu’il vous faut, c’est un camion.
    - Un camion, mais et mon traîneau ?
    - Voyons, Monsieur, absolument pas, les camions d’aujourd’hui ne se traînent pas, bien au contraire. Il leur arrive même de pousser les voitures. Non, croyez moi, ce qu’il vous faut, c’est un camion !
    - Vous croyez ? Si vous le dites. Est-ce que je pourrais l’avoir en rouge ?
    - Bien entendu cher Monsieur,vos désirs sont des ordres, vous l’aurez dans quinze jours clé en main. Et la maison sera heureuse de vous offrir le porte-clé. Si vous payez comptant. Cela va sans dire, ajouta Monsieur Filou.
    - Mais c’est impossible... commença à répondre le Père Noël.
    - Dommage, nous allons donc faire une demande de crédit, évidement ce sera plus long, se désola Monsieur Filou.
    - Non, je vous dis que c’est impossible, je ne peux pas attendre deux semaines. Je peux payer tout de suite, mais j’ai besoin du camion aujourd’hui, pour cette nuit. C’est ce soir que je dois livrer mes cadeaux.
    - Ah, si ce n’est pas une question d’argent, on va trouver une solution. Je n’ai pas  de  camion  rouge  de libre, mais si vous voulez, je peux vous vendre un superbe camion sur le champ.
         Le Père Noël se demandait bien  pourquoi il fallait aller  dans les champs pour trouver un  camion, mais n’en  dit  pas mot.

         Monsieur Filou lui se frottait discrètement les mains. Décidément, c’était Noël, cela faisait déjà trois ans qu’il essayait de vendre ce camion et jamais un client n’en avait voulu à cause de sa couleur.

 

Chapitre Quatre :  le camion

 

Malgré sa couleur, c’est vrai qu’il était bien bien beau ce camion. Ses énormes roues lui donnaient une allure de tracteur et, avec ses phares, on avait l’impression qu’il regardait tout autour de lui. Mais quelle idée de peindre un camion en jaune fluorescent ! On aurait dit un jouet. Cette pensée rassura le Père Noël. Après tout, un camion qui ressemble à un jouet, ne peut pas être un mauvais camion.

     Pendant que le Père Noël signait un chèque rempli d’un paquetdezéros,Monsieur Filou se voyait déjà sur une plage entourée de superbes créatures.

- Quand on pense que ce bonhomme n’a même pas discuté le prix, jubilait Monsieur Filou. Il ne prêta pas attention au chèque que lui remit le Père Noël. MonsieurFilou était déjàe en vacances. Il remit les clés au Pèr eNoël et ferma boutique avan d’accompagner son client jusqu’au camion.

     Le Père Noël ouvrit la porte et s’assit sur le siège moelleux. Tout en enfonçant la clé de contact, il regrettait déjà la compagnie de ses rennes. On ne parle pas à un camion, il faut le conduire avec un volant et passer les vitesses. Tout cela est fort fatigant, pensa-t-il. Mais ce n’était que pour une fois et le temps pressait, il ne pouvait pas laisser les enfants de la terre sans cadeaux. Il posa le mode d’emploi du camion devant lui et suivit lesconsignes.

     Après avoir heurté trois poteaux, renversé deux poubelles, trouvé la marche arrière, avant, la première et pratiquement écrasé la voiture du concessionnaire, cahin-caha le superbe camion jaune du Père Noël s’engagea sur la route en hoquetant.

    Quelques embardées plus loin, le Père Noël fut doublé par une voiture qui faisait un vacarme abominable Celle-ci se mit en travers de la route et un drôle de bonhomme bleu qui s’époumonait dans un sifflet, en sortit.

     Le camion stoppa juste au pied du policier.                                 

     Après un salut réglementaire, ce dernier commença:
- Bonjour Monsieur, vous avez mordu sur la ligne blanche, grillé un feu rouge et vous conduisez en lisant un livre sur le tableau de bord. Vos papiers s'il vous plaît !
- Quel étrange personnage, songea le Père Noël. Pour qui me prend-t-il, un cannibale ? Pourquoi diable dit-il que j’ai mordu la route et grillé je ne sais plus quoi, je n’ai pas le temps d’aller à un barbecue.



     Le Père Noël eut juste le temps de dire:
- Mais ..
     Le policier reprenait sans s’occuper du Père Noël:
- Permis de conduire, vignette, assurance, carte grise...
- Euh, attendez, je regarde dans le mode d’emploi.

 

     L’agent de police se dirigea vers sa voiture, saisit son poste radio et appela son supérieur.
- Allo, chef, j’ai ici un individu louche qui n’a pas de papier... Oui sa conduite n’est pas très catholique... Oui, plutôt sinueuse..Non, il ne sent pas l’alcool... Je vais vérifier le cendrier... Bien chef, je l’emmène au poste.

     Le policier se dirigea à nouveau vers le Père Noël et lui ordonna de descendre du camion.

- Mais, c’est que, ce soir, je dois livrer...

     Le Père Noël essaya bien de protester, on lui mettait déjà les menottes.

- Pas de mais. Brigadier, saisissez le camion comme pièce à conviction et vous, montez dans la voiture.

     Les sirènes du véhicule de police qui emmenait le Père Noël en prison retentirent dans toute la ville.

 

 

La suite demain … alors, toujours sages hein !!

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Date de dernière mise à jour : 05/07/2021