Louis Aragon - Elsa

220px-seghers-aragon-triolet-1942.jpgLouis Aragon, Elsa Triolet chez Pierre Seghers à Villeneuve-lès-Avignon en 1942


Tandis que je parlais le langage des vers

Elle s'est doucement tendrement endormie

Comme une maison d'ombre au creux de notre vie

Une lampe baissée au coeur des myrrhes verts

Sa joue a retrouvé le printemps du repos

Ô corps sans poids posé dans un songe de toile

Ciel formé de ses yeux à l'heure des étoiles

Un jeune sang l'habite au couvert de sa peau

220px-seghers-aragon-triolet-1942.jpgLouis Aragon, Elsa Triolet chez Pierre Seghers à Villeneuve-lès-Avignon en  1942

La voila qui reprend le versant de ses Fables

Dieu sait obéissant à quels lointains signaux

Et c'est toujours le bal la neige les traîneaux

Elle a rejoint la nuit dans ses bras adorables

Je vois sa main bouger Sa bouche

Et je me dis Qu'elle reste pareille aux marches du silence

Qui m'échappe pourtant de toute son enfance

Dans ce pays secret à mes pas interdit

Je te supplie Amour au nom de nous ensemble

De ma suppliciante et folle jalousie

Ne t'en va pas trop loin sur la pente choisie

Je suis auprès de toi comme un saule qui tremble

J'ai peur éperdument du sommeil de tes yeux

Je me ronge le coeur de ce coeur que j'écoute

Amour arrête-toi dans ton rêve et ta route

Rends-moi ta conscience et mon mal merveilleux

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Date de dernière mise à jour : 05/07/2021