
Je veux, pour composer chastement mes églogues,
Coucher auprès du ciel, comme les astrologues,
Et, voisin des clochers, écouter en rêvant
Leurs hymnes solennels emportés par le vent.
Les deux mains au menton, du haut de ma mansarde,
Je verrai l'atelier qui chante et qui bavarde ;
Les tuyaux, les clochers, ces mâts de la cité,
Et les grands ciels qui font rêver d'éternité.
Il est doux, à travers les brumes, de voir naître
L'étoile dans l'azur, la lampe à la fenêtre,
Les fleuves de charbon monter au firmament
Et la lune verser son pâle enchantement.
Je verrai les printemps, les étés, les automnes ;
Et quand viendra l'hiver aux neiges monotones,
Je fermerai partout portières et volets
Pour bâtir dans la nuit mes féeriques palais.
Alors je rêverai des horizons bleuâtres,
Des jardins, des jets d'eau pleurant dans les albâtres,
Des baisers, des oiseaux chantant soir et matin,
Et tout ce que l'Idylle a de plus enfantin.
L'Émeute, tempêtant vainement à ma vitre,
Ne fera pas lever mon front de mon pupitre ;
Car je serai plongé dans cette volupté
D'évoquer le Printemps avec ma volonté,
De tirer un soleil de mon coeur, et de faire
De mes pensées brûlantes une tiède atmosphère.
Charles Beaudelaire
1. Maria 29/07/2009
SUPER!!!

Date de dernière mise à jour : 12/12/2011

1. Par PROUT le 17/05/2012
ON AIMERAIT BIEN SAVOIR QUAND MEME QUI EST L'AUTEUR DE CE PU**** DE TABLEAU!
2. Par Matthew le 12/05/2012
I generally agree with your points http://www.relojesreplicas.es/replicas-hublot-cb108.html (reloj hublot) ...
3. Par :P x) xd mdr le 07/05/2012
saluit
4. Par Maurice Careme le 07/05/2012
JAIME BEACOUP CE POEME!!!! :d
















