Ruses de femmes

Il semblerait que les femmes thaïlandaises ne soient pas des modèles de fidélité, comme tendent à le prouver ces deux contes. Et comme le dit le vieux proverbe du Siam : ne mettez votre confiance ni dans un vieil esclave ni dans une femme aimante...

 

La leçon d'amour

On raconte qu'à Phetchaburi, vivait un jeune homme du nom de Nai Samret qui décida un jour qu'il était grand temps de commencer son apprentissage des mystères de la femme. Il partit donc de chez lui un beau matin, en quête d'un sage professeur qui saurait lui enseigner ces arcanes. Il n'eut pas à chercher bien loin, car une femme qui s'appelait Nang Lamert le vit passer devant son jardin et, prenant connaissance de ses recherches, lui fit comprendre qu'elle pourrait lui en apprendre bien plus que le plus vénérable des maîtres. Ainsi fut fait, et Nai Samret en découvrit effectivement bien plus en quelques heures qu'il n'en avait rêvé. Nang Lamert finit par lui demander de partir car son mari allait bientôt revenir, mais elle lui promit qu'ils coucheraient de nouveau ensemble le soir même, et avec le mari à côté de surcroît.

Le soir venu, elle demanda à son époux de garder leur bébé tandis qu'elle se rendait chez sa mère qui était malade. Une fois dehors, elle se couvrit la tête d'un voile et rejoignit son amant pour l'emmener chez elle. Le couple fit croire au mari qu'ils étaient cousins de son épouse et qu'ils étaient eux aussi en route pour visiter la malade. Nai Samret expliqua que sa femme gardait le voile car elle avait une inflammation des yeux et la lumière la faisait souffrir. Le mari accorda l'hospitalité pour la nuit aux voyageurs, et c'est ainsi que Nai Samret eut droit à sa seconde leçon d'amour dans les circonstances exactes prévues par son amante.

Durant la nuit, le bébé de la maison se mit à crier. Nang Lamert, toujours voilée, alla s'en occuper. Le mari fut soudain pris de désir pour cette femme attirante qui se trouvait si près de lui. Il essaya de l'attirer contre lui, mais elle le repoussa et retourna se coucher. Le lendemain matin, le faux couple quitta la maison.

Quelques heures plus tard, Nang Lamert revint chez elle après sa prétendue visite à sa mère. Elle couvrit son mari d'injures car, disait-elle, sa cousine lui avait avoué qu'il avait tenté de la violenter. L'homme, rougissant de honte, demanda un pardon sa femme ne lui accorda qu'après beaucoup de temps et beaucoup d'attentions.

*

Pauvre beau-père

On raconte qu'à Lopburi, il y avait un couple de commerçants avec une forte différence d'âge : l'homme avait vingt ans de plus que sa femme. Celle-ci prit un amant et, quand le mari était endormi, elle allait le retrouver au rez-de-chaussée, dans la boutique.

Un soir, à force d'ébats, les amoureux s'endormirent dans les bras l'un de l'autre au lieu de se séparer discrètement. Le père du commerçant, qui passait par là au cours d'une de ses nuits d'insomnie, aperçut les deux silhouettes sur le parquet. Il s'approcha discrètement et, comprenant la trahison de sa belle-fille, lui vola un bracelet pour prouver ses dires le lendemain lorsqu'il révélerait la vérité à son fils.

Se réveillant au moment où son beau-père sortait, la femme se rendit tout de suite compte de la situation et échafauda un plan. Elle commença par renvoyer son amant chez lui avant de retourner dans le lit conjugal. Là, elle réveilla son mari en lui disant qu'il faisait trop chaud, qu'elle n'arrivait pas à dormir, et elle lui demanda s'il était possible de dormir dans la boutique. L'époux accepta, ils s'installèrent dans la boutique, et l'homme se rendormit. Sa femme le réveilla une nouvelle fois en s'écriant qu'un voleur avait fait irruption dans la pièce et lui avait volé un bracelet. Le mari, bondissant dans la rue, ne vit personne, et il ne put que rentrer pour consoler sa femme en pleurs.

Le lendemain, dès l'aube, le père du marchand arriva chez son fils et lui raconta toute l'histoire en brandissant le bracelet comme preuve. Mais le commerçant éclata de rire et lui dit que c'était bien lui qui était là dans la boutique et pas un hypothétique amant. Malgré toutes ses tentatives, le père ne put convaincre son fils et rentra chez lui déconfit.

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.

Ajouter un commentaire