L'éléphant blanc - Conte Cambodgien

Mme Pich Proueng et son mari ont créé en 1998 les Editions Domrei Sor (l'éléphant blanc) afin de promouvoir la lecture auprès des enfants du Cambodge. Ils publient des livres de contes khmers en français, en anglais et en japonais, et pour chaque livre vendu en langue étrangère, ils en impriment dix exemplaires en khmer pour les offrir aux enfants. Leur bureau de Phnom Penh a depuis peu un petit frère au Laos pour diffuser le même type d'action dans ce pays.

 

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L'éléphant blanc
adapté par Claudio, d'après un texte de Mme Pich Proueng (Editions Domrei Sor)

 

Il était une fois un blanchisseur du nom d'Omnath qui réalisait d'excellentes affaires. Tellement excellentes, en fait, qu'elles attiraient la jalousie du potier voisin qui pourtant vivait fort bien lui aussi. Un jour, le potier eut l'idée d'aller voir le roi pour lui suggérer que sa gloire déjà grande deviendrait à jamais inégalée s'il entrait en possession d'un éléphant blanc. Le roi en convint, mais cela faisait des années que l'on n'avait pas vu un tel animal dans le pays. Le potier proposa alors au souverain de s'assurer les services du célèbre blanchisseur : sans aucun doute celui-ci se ferait-il un plaisir de rendre aussi blanc que neige le plus ordinaire des éléphants gris.

Convoqué au palais, le blanchisseur se rendit vite compte de la délicate situation dans laquelle il se trouvait. Il n'avait aucune chance de réaliser la commande du roi, mais échouer signifiait perdre la vie. Apprenant que c'était son voisin qui l'avait trahi, il demanda au roi de faire réaliser par le potier une immense marmite dans laquelle blanchir l'animal. Le potier se mit au travail et, après des jours et des nuits sans dormir, livra la marmite. Les serviteurs l'installèrent dans la cour du palais, y firent bouillir de l'eau avant d’ajouter les produits fournis par le blanchisseur, et amenèrent l'éléphant gris. Mais le mastodonte se débattit tellement que la marmite se renversa et se brisa.

Le roi ordonna qu'une autre marmite soit réalisée sur le champ. Le potier se remit au travail pour en livrer une seconde qui subit le même sort. Il essaya diverses variantes, mais les énormes marmites étaient toujours trop lourdes, ou trop poreuses, ou trop fragiles. L'atelier de poterie finit par faire faillite, et ce fut le blanchisseur lui-même qui dut demander au souverain furieux la grâce de son voisin ruiné qui n'avait pas su réaliser la commande royale.

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Commentaires (1)

1. DE LIGNIERES 18/06/2010

Où peut-on acheter en France les contes des éditions DOMREI SOR ? Cordialement. F. de Lignières

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