Quelques légendes indiennes du Nord

 

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Les légendes

Dans le langage amérindien un mot représente une phrase descriptive dans notre langue. En voici quelques exemples, homme blanc veut dire : l’homme-à-la-peau-couleur-de-l’écorce-du-grand-bouleau- du-nord-quand-elle-prend-sa-teinte-d’hiver. Un arc-en-ciel représente l’échelle entre l’île de la Grande Tortue et l’île de la Petite Tortue. Chaque famille amérindienne a ses propres légendes. Voici deux exemples de légende sur le sirop d’érable de différentes tribus amérindiennes.

Légende Micmac

Par une journée de tôt printemps, alors que le vent était encore frisquet, une vieille femme Micmac alla ramasser la sève des érables et, comme elle goûte meilleure chaude, elle en mit dans un pot de terre cuite qu’elle plaça au-dessus de son feu de tepee. Fatiguée, la vieille femme alla s’étendre pour se reposer. Lorsqu’elle se réveilla, le soir était déjà là. Dans le pot elle trouva un sirop doré, clair et sucré.


Légende Algonquienne

Le chef de la tribu prit son tomahawk de l’érable dans lequel il l’avait enfoncé la veille. Comme le soleil montait dans le ciel, la sève se mit à couler de l’entaille. Sa femme la goûta et la trouva bonne. Elle s’en servit pour cuire la viande ce qui lui évita d’aller à la source pour chercher de l’eau. Le goût sucré et l’odeur douce furent très appréciés par le chef.

Il appela le sirop dans lequel avait bouilli la viande, Sinzibucwud, mot algonquin qui veut dire «tiré des arbres ».

En général, chez les peuples autochtones, les légendes étaient utilisées pour presque tout. Les légendes pouvaient être aussi bien la découverte d’une race d’animal inconnu auparavant, dramatique comme les histoires d’amour ou bien à caractère explicite, mais toujours raconté avec un savoir-faire décent. Voici quelques autres exemples de l’art orale des Amérindiens.

 
Le cheval

Dans la tribu des hommes vrais, celui-au-corps-aussi-dur-que-la-pierre (Imasi) devait sauver son peuple de la famine parce que les bisons avaient pris une autre route de migration. Il courut aussi longtemps qu’il le put pendant deux jours et deux nuits, puis il rencontra un cheval et il réussi à détourner le chef des bisons vers son peuple grâce à la puissance de l’animal.

 


 
La création des oiseaux

Les oiseaux ont été créés par Gouseclappe (le bon génie) à la demande d’une petite fille. La fillette lui dit que s’il inventait quelque chose de nouveau les enfants finiraient probablement par manger leur repas et cesser la grève de la faim. C’est ainsi que les oiseaux ont été créés.

 
Le petit homme

Bien avant l’arrivée des hommes vrais, existaient des petits hommes, appelés Magah, et qui vivaient sous la terre. Ils avaient conclu un pacte avec les hommes vrais, mais depuis l’arrivée des hommes blancs, le pacte était constamment violé par ce peuple avide de pouvoir. Un jour l’homme vrai vivra dans des réserves à cause de leur dépendance envers l’homme blanc.

 
Kokomis

Un grand chef amérindien vivait autrefois dans notre région. Un jour, sa fille unique devint amoureuse d’un aventurier de la tribu. Le père posa une condition à leur mariage : le jeune homme devait lui apporter un canot rempli de fourrures de qualité. Sur un rocher, au centre des chutes, les amoureux se firent la promesse d’être fidèles quoi qu’il arrive. Puis le brave partit pour sa grande chasse. Il n’en revint jamais. Sa fiancée guetta son retour toute sa vie. Devenue vieille, elle pria le Grand Esprit de laisser un signe d’adieu à son amoureux. Quand elle mourut, un grand éclair frappa le rocher au milieu des chutes. Cela sculpta la figure de la vieille Amérindienne qui regardait au loin. Voilà pourquoi les Algonquins nommaient cette chute ¨Kokomis¨, c’est-à-dire ¨ta grand-mère¨. En 1913, on construisit la centrale hydroélectrique de Grand-mère. Le rocher fut alors découpé et ses morceaux numérotés et déplacés. La compagnie papetière Laurentide sauva ainsi le rocher qui a donné son nom à la ville Grand-Mèroise.

 
Le vent-du-sud

L’homme vrai cherche à séduire la femme, mais celle-ci préfère le vent-du-sud. Et pour cause car ce dernier ne se jette pas sur elle par instinct, il connaît les mouvements qui doivent précéder la possession amoureuse. Au bout de quelque temps, l’homme vrai comprit les étreintes du vent-du-sud et dès lors, la femme le préféra car il était devenu le Maître de l’Amour.

 Le faucon et la tortue  

Un jour, le faucon défia la tortue à la course et la tortue répondit qu'elle n'accepterait qu'à condition que l'épreuve dure au moins quelques jours. Après avoir réfléchi, l'oiseau se soumit à son exigence et ils prirent le départ, l'une trottinant, l'autre virevoltant à loisir, persuadé qu'il n'aurait aucune peine à arriver le premier. Insensible au mépris qu'affichait le rapace, la tortue s'enterra lentement et, invisible à l'oeil exercé de son concurrent, se fraya le chemin suivant une ligne droite en direction du but, sans jamais arrêter un seul instant.

Le faucon, sûr de lui et insouciant vola à sa guise, s'arrêtant ici et là, au gré de sa fantaisie, en visitant parents et amis qu'il savait établis dans les parages, faisant sa cour à quelque aimable oiselle rencontrée au hasard de ses haltes.

Il fit tant de détours et se reposa si souvent que, lorsqu'il parvint en vue du but, ce fut pour voir la tortue, sortant enfin de la galerie souterraine qu'elle avait inlassablement creusée, gagner la course qu'il avait cru remporter sans conteste... et sans effort.

 


 
La fille aux cheveux d'or ou la légende de l'été indien  

Mudjekewis avait neuf frères et ensemble, ils vainquirent l'ours géant. Aussi reçurent-ils en présent la ceinture sacrée qui contient de quoi vivre heureux sa vie durant. Le mérite de cet exploit, chacun le savait, revenait à Mudjekewis, le plus jeune des 10 garçons, et ce fut à lui qu'échut le pouvoir de gouverner les vents d'Ouest. On l'appela dès lors Kabeyun, père des airs, et il entreprit de distribuer une part de sa puissance à chacun de ses fils. A Wabun, il donna l'Est; à Shawondasee, le Sud, et à Kabiboonoka, le Nord. Seul Manabozho n'eut rien de cet héritage, car sa naissance avait été illégitime. C'est pourquoi, plus tard, blessé par cette injustice, il partit en guerre contre son père jusqu'à ce que celui-ci, accédant sa requête, consente à lui céder une part de la souveraineté de Kabiboonoka, en lui abandonnant le privilège de règner sur les vents du Nord-Ouest.

Shawondasee, maître du Sud, révéla très jeune son indolence. C'était, bien avant l'âge, un vieillard poussif peu enclin à voyager, les yeux mi-clos toujours fixés droit devant lui. Souvent il soupirait lorsque venait l'automne, dispensant généreusement cet air doux qui gagne alors tout le Nord du pays.

Mais un jour, il aperçut au loin, courant gracieusement à travers les plaines du Nord, une jeune fille aux cheveux d'or. Elle était très belle et il en tomba aussitôt amoureux. Ses boucles surtout, blondes comme le blé mûr, avaient conquis son coeur. Cependant sa paresse naturelle l'emporta sur sa passion et, à l'aube du matin, il la surprit enveloppée d'une nuée blanche comme neige. Il en conçut aussitôt une vive jalousie, persuadé que son frère Kabiboonoka s'était mis en tête de la lui ravir en lui offrant l'une de ses écharpes immaculées dont les vents du Nord ont coutume de se parer aux approches de l'hiver.

Pour briser le sortilège de son rival, Shawondasee, haletant, souffla comme il put et, le ciel fut envahi de fils d'argent. Mais lorsque ceux-ci se dissipèrent, la belle avait disparu et, avec elle les mille graines finement ailées qui couronnent les fleurs du pissenlit de la prairie!

Il est un âge pour tout, dit le sage, et Shawondasee avait eu le tort de se croire assez jeune pour être aimé de la fille aux cheveux d'or. En la poursuivant de ses soupirs alanguis, il n'avait fait que précipiter sa fuite. Depuis, croyant chaque automne revoir l'objet de sa flamme courir dans les prés comme au premier jour, le vieillard continue de haleter doucement au souvenir d'un bonheur inaccessible, gratifiant les terres du Nord, à la veille de l'hiver, de cette saison à nulle part pareille et que les hommes blancs appellent l'été indien.

 


L'aigle et la linotte  

Un jour, les oiseau se réunirent afin de désigner celui d'entre eux qui volait le plus haut.

Le concours commença. Certains s'élevèrent très vite mais furent aussi vite épuisés par leur effort et dépassés par d'autres plus puissants qu'eux. Puis vint l'aigle, et il les surpassa tous. Il allait fièrement proclamer partout sa victoire lorsque, quittant le dos du rapace, le minuscule oiseau qui s'y était jusque-là caché, une linotte grise, prit à son tour son essor, sans que nul n'ait deviné le subterfuge, et parvint sans peine beaucoup plus haut!

Quand l'assemblée tint son conseil pour rendre sa sentence, elle s'accorda pour attribuer la victoire à l'aigle. En effet, il était, d'entre tous, celui qui s'était le plus rapproché du soleil et le seul, de surcroît, à avoir réussi cet exploit en portant sur son dos la linotte...

Nul, à compter de ce jour, ne douta que l'aigle était à la fois le plus courageux et le plus fort des guerriers. C'est pourquoi ses plumes sont le signe le plus respectable qu'un chef valeureux puisse s'enorgueillir de porter.

 

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Commentaires (1)

1. Aurélie 25/09/2010

po pire comme site..surtout pour des recherche:

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Date de dernière mise à jour : 21/11/2011